Réduire les émissions de CO2 sans taxe (Unifa)

La Commission européenne publie une proposition visant à remplacer le mécanisme d’incitation de réduction des émissions de CO2 par une taxe. Elle transformerait un système incitatif en une taxe carbone appliquée seulement à la production locale qui exonère les importations. Selon l’Unifa, cette taxe menace l’industrie de la fertilisation. « Notre industrie en Europe est la plus performante pour ses émissions mais elle reste soumise à une concurrence très forte d’entreprises non européennes qui émettent des quantités très importantes de CO2, jusqu’à 4 ou 5 fois plus. Les fuites de carbone depuis 2005, sont la conséquence de la politique européenne et ont entrainé des fermetures d’usines en Europe. Ces productions ont été remplacées par des importations en provenance de pays échappant à la moindre règlementation CO2. Si ce schéma devait se généraliser et aboutir à l’arrêt de nos activités industrielles, ce seraient 52,4 millions de tonnes de CO2 supplémentaires qui seraient émises », alerte Gilles Poidevin, délégué général de l’Unifa.

Les investissements de réduction des émissions de ces 10 dernières années sont tels que l’industrie atteint les limites physiques de l’amélioration. Elle rappelle que le gaz naturel utilisé pour la fabrication de l’ammoniac est une matière première et non une source d’énergie ; et demande donc un traitement particulier dans les futures mesures politiques afin de garantir sa compétitivité.

Les producteurs d’engrais européens soutiennent la volonté politique de la Commission de réduire les émissions de 40 % d’ici 2030 qui ne doit pas conduire à une baisse de l’activité industrielle en Europe.