La Coopération agricole

Un pacte de souveraineté afin d’assurer le maintien de la chaîne alimentaire

« La Coopération agricole souhaite que puisse être conclu un pacte de souveraineté entre les acteurs de la filière alimentaire, les pouvoirs publics et les consommateurs », indique Dominique Chargé. Photo : LCA
« La Coopération agricole souhaite que puisse être conclu un pacte de souveraineté entre les acteurs de la filière alimentaire, les pouvoirs publics et les consommateurs », indique Dominique Chargé. Photo : LCA

Depuis 2021, le secteur alimentaire connaît une crise inflationniste inédite depuis plus de 40 ans sur l’ensemble des coûts de production agricole et agroalimentaire. À cette situation s’ajoute une inquiétude concernant la disponibilité des ressources de matières premières et de la main-d’œuvre pour les transformer, ce qui menace ainsi la continuité des activités de production. Face à ce constat alarmant, La Coopération agricole (LCA) propose plusieurs mesures afin d’assurer la sécurité alimentaire de la France.

Arrêt de 50 % des capacités de production d’ammonitrates en Europe, - 50 % de volumes de production de haricots et - 4 % de volume de production laitière, + 350 % environ de hausse cumulée depuis 2021 pour le cours du gaz naturel et de l’électricité, + 40 % pour les matières plastique et le papier-carton. Aucune entreprise n’est épargnée par cette crise d’ampleur touchant au prix et à la disponibilité des intrants, des matières premières, de l’énergie et de l’emballage.

« L’heure est grave : la situation historique d’inflation de coûts de production que nous connaissons menace réellement la capacité des entreprises à maintenir leurs activités de production, déclare Dominique Chargé, président de La Coopération agricole (LCA) lors de la conférence de presse du 21 septembre. Il nous faut réagir en urgence, il en va de la sécurité alimentaire de notre nation. Pour faire face à ce mur infranchissable, nous devons agir en priorité pour assurer la disponibilité de l’énergie pour les entreprises alimentaires et en limiter le coût. Alors que nous avons bâti nos chaînes d’approvisionnement sur la base d’un monde stable et abondant, le basculement dans un monde marqué par l’instabilité et les probables pénuries nous impose de changer de paradigme. C’est en ce sens que La Coopération agricole souhaite que puisse, en complément de la future loi sur l’orientation agricole, être conclu un pacte de souveraineté entre les acteurs de la filière alimentaire, les pouvoirs publics et les consommateurs. L’engagement collectif induit par la signature de ce pacte permettra d’assurer le maintien d’une chaîne alimentaire française qui soit résiliente, pérenne et durable. »

Selon LCA, les factures énergétiques sont désormais telles qu’elles ne peuvent être absorbées par les coopératives.

LCA demande :

• la reconnaissance des activités agricoles et agroalimentaires comme répondant à une mission d’intérêt général ;

• la révision des critères d’éligibilité de prise en charge de la facture énergétique des entreprises ;

• la mise en place d’un bouclier énergétique plus efficace ;

• l’indexation des coûts de l’énergie dans la fixation des prix des produits alimentaires ;

• la modification de la temporalité des négociations commerciales ;

• la mise en place d’un moratoire sur les pénalités logistiques ;

• la prise en compte des coûts industriels dans l’évolution des prix des produits aux moyens d’indicateurs sur les divers postes de coûts (l’énergie en premier lieu mais également l’emballage, les frais de logistique…).