La Coopération Agricole

Enquête auprès des coopératives : le point sur les prix, la logistique et les marchés

En viande de bœuf, les commandes se sont effondrées de près de 25 % au cours de la troisième semaine, indique La Coopération Agricole. Photo : jeromabadie/Adobe Stock
En viande de bœuf, les commandes se sont effondrées de près de 25 % au cours de la troisième semaine, indique La Coopération Agricole. Photo : jeromabadie/Adobe Stock

La Coopération Agricole a mené trois enquêtes du 16 au 31 mars auprès de ses entreprises adhérentes pour faire le point sur les commandes, les tarifs et la logistique, en période de coronavirus. Si l’arrêt de certains marchés met en difficulté plusieurs filières, les coopératives et leurs salariés sont fortement engagés pour relever les défis logistiques, s’adapter et assurer la continuité de l’alimentation.

Difficultés sur certains marchés
  • Seuls 19 % des commandes habituelles en restauration hors domicile (RHD) subsistent, notamment à destination des hôpitaux et des Ehpad.
  • - 60 % d’activité export dans le secteur du vin.
  • - 40 % d’expédition des produits laitiers, liée au recul de la consommation hors foyer, en Chine notamment.
  • Taux de commande jusqu’à deux fois plus élevé en beurre, farine et œufs pour la troisième semaine de confinement.
  • Après une hausse de 20 à 30 % les deux premières semaines en commandes de poulet, dinde, fruits et légumes et autres produits frais (charcuterie, traiteur…), celles-ci ralentissent en troisième semaine avec une progression de l’ordre de 10 %. Quant à la filière porcine, la demande est stable.
  • Situation dramatique pour la filière horticole, alors que les coopératives horticoles réalisent près de 80 % de leur chiffre d’affaires annuel entre le 15 mars et le 15 mai.
  • En viande de bœuf, après des sur-commandes en viande hachée surgelée lors des deux premières semaines de confinement, les commandes se sont effondrées de près de 25 % au cours de la troisième semaine.
  • Les petites filières volailles (canards, pintades, pigeons), les filières veau et agneau, notamment, n’ont constaté aucune hausse de commandes, voire ont subi des baisses dans certains cas.
  • Pour sa part, la filière viticole perd 50 % de commandes en moyenne pour les boissons alcoolisées (vins, champagnes…) en grandes et moyennes surfaces, par rapport à la même période l’année dernière.
La logistique et le transport, maillon essentiel de la chaîne
  • 94 % des opérations logistiques chez les coopératives s’opèrent de manière fluide, et les capacités de transport routier sont disponibles dans 95 % des cas.
Des prix coopératifs stables à ce stade

Durant ces premières semaines, les prix de vente des produits coopératifs n’ont pas augmenté auprès des enseignes de la grande distribution. Pour la plupart des produits, les prix sont d’ailleurs fixés pour un an dans le cadre des négociations commerciales annuelles, rappelle La Coopération Agricole.

« Nous travaillons tous d’arrache-pied pour répondre aux besoins des consommateurs. Mais dans un futur proche, nous aurons besoin d’eux et de l’appui des pouvoirs publics français et européens pour nous épauler dans la crise économique qui, après la crise sanitaire, va frapper certaines de nos filières. Il faut la prendre en compte dès aujourd’hui dans les différentes réflexions à mener pour que les agriculteurs, et les entreprises bénéficient de l’accompagnement nécessaire à leur résilience », conclut Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole.