Comifer - Gemas

Appi-N maximise le coefficient d’utilisation de l’azote

Avec la méthode Appi-N, le coefficient apparent d’utilisation de l’azote par les plantes est significativement amélioré. Photo : Pixel6TM
Avec la méthode Appi-N, le coefficient apparent d’utilisation de l’azote par les plantes est significativement amélioré. Photo : Pixel6TM

La méthode Appi-N repose sur un raisonnement dynamique au cours du cycle de la culture, basé sur le suivi de l’indice de nutrition azotée (INN) de la culture et de ses trajectoires. Son objectif est de maximiser le coefficient apparent d’utilisation (CAU) de l’azote sans amputer le potentiel de rendement de la culture ni la qualité des grains.

« Utiliser la méthode Appi-N, c’est accepter des carences azotées tolérables en début de cycle, note Pierre Lebreton, de l’Inrae, lors des 15es rencontres de la fertilisation et de l’analyse organisées par le Comifer et le Gemas à la fin du mois de novembre 2021. Il s’agit d’un changement important vis-à-vis de la méthode du bilan. Des jaunissements inhabituels de la culture peuvent être observés à l’occasion de ces carences azotées acceptables et non préjudiciables. Cependant, elles n’amputent en rien le potentiel de rendement. » Seule l’évolution de l’INN pilote les dates de fertilisation azotée, le nombre d’apports et la dose totale.

Des performances techniques maintenues

Trente-neuf essais ont été menés au sein de micro-parcelles en région Centre-Val de Loire pour valider la technique. La pratique a été réalisée chez des agriculteurs de la région Grand-Est, directement dans leurs parcelles. Maëva Guillier, de la chambre régionale d’agriculture Grand-Est, fait état des résultats obtenus dans le cadre de ces deux suivis : « Nous avons observé une tendance à un retard quasi systématique du premier rapport d'azote, voire à une impasse. Le nombre d'apports total est également revu à la baisse dans la majorité des cas. Et la dose totale d'azote apportée est elle aussi le plus souvent réduite. En Centre-Val de Loire, cette réduction de la dose totale est en moyenne de 16 kg/ha dans les essais en micro-parcelles. Pour les essais en bande chez des agriculteurs du Grand-Est, la dose totale d'azote a pu être réduite en moyenne de 25 kg/ha. En parallèle, ont pu être observés des rendements équivalents entre la méthode du bilan et la méthode INN ainsi que des taux de protéines proches également. »

La méthode Appi-N encore jeune

Dans un contexte de nécessaire efficacité de l'azote, la méthode Appi-N montre des arguments intéressants. N'étant déployée que depuis 4 ans cependant, du temps est nécessaire pour la maîtriser parfaitement.

Si une application Smartphone est en cours de création afin de faciliter son utilisation par les agriculteurs, il faut d'ores et déjà se poser la question d'une mesure de l'INN plus aisée. Peut-être cela passera-t-il par des images satellitaires. Images satellitaires dépendantes, comme chacun le sait, de la couverture nuageuse au moment de la prise de vue toutefois.