AG du syndicat des trieurs européens (EMSA)

Un double défi pour le secteur des semences

Nigel Day et Sylvain Ducroquet, respectivement président et vice-président de l'EMSA, lors de l’AG de l’association européenne des trieurs à façon. DR
Nigel Day et Sylvain Ducroquet, respectivement président et vice-président de l'EMSA, lors de l’AG de l’association européenne des trieurs à façon. DR

Les acteurs de la semence se sont rencontrés le 3 mai à Ramecourt (62) à l’occasion de l’assemblée générale de l’association européenne des trieurs à façon (EMSA-European Mobile Seed Association). Les différents acteurs de la semence européenne ont ainsi pu échanger leurs points de vue sur les sujets qui détermineront, dans un proche avenir, les conditions de la production céréalière européenne.

« Puisque la Commission fait une pause dans la révision du réglement 2100/94, qui a institué la protection des obtentions végétales et donné un cadre légal à la semence de ferme en Europe, l’heure est propice aux échanges entre les différentes parties prenantes du secteur », annonce Nigel Day, président de l’EMSA, l’association européenne des trieurs à façon.

En effet, les enjeux économiques et sociétaux de la filière céréalière européenne sont importants. Les 12 millions d’agriculteurs européens ont besoin de 8,6 millions de tonnes de semences céréalières pour ensemencer 58 millions d’hectares, qui produiront 320 millions de tonnes de grains d’une valeur de l’ordre de 45 milliards d’euros.

Les professionnels de la semence de ferme européenne se sont réunis début mai dans le Pas-de-Calais. DR
Les professionnels de la semence de ferme européenne
se sont réunis début mai dans le Pas-de-Calais. DR

 

Semences certifiées et semences de ferme se partagent le marché européen de la semence agricole.

« La semence fait aujourd’hui face à des mutations, rappelle Éric Drésin, directeur de lEMSA. Dans un contexte de concurrence mondiale renforcée et de rééquilibrage entre les nations agricoles au sein de l’Union européenne, le secteur doit surmonter un double défi : le changement climatique – ses premiers effets sont visibles et les menaces se précisent –, et les nouvelles techniques de génie génétique GEEN (genome editing with engineered nucleases) qui pourraient aussi interférer au plan juridique dans la bataille opposant brevets et certificats. »

Garantir la maîtrise des usages des produits de traitement

Pour ces responsables, il y a urgence pour le secteur à garantir la maîtrise des usages des produits de traitement. La pression politique et sociale sur les produits phytosanitaires aboutit à des interdictions partielles ou totales dans différents pays de l’Union, notamment concernant les néonicotinoïdes.

« Renforcer les schémas de certification du contrôle des usages des produits phytosanitaires est indispensable, souligne Sylvain Ducroquet, président du Staff, qui représente les trieurs de France. Le secteur tout entier ne peut qu’y gagner afin d’inciter les décideurs à aborder cette question de manière objective et globale. »

Rendez-vous pris pour 2017 au Danemark

« Face aux différents défis du moment, il apparaît donc nécessaire à toutes les familles de la semence européenne d’engager un dialogue permettant de rappeler l’importance de la semence certifiée et de la semence de ferme pour l’agriculture européenne, et démontrer que sur des sujets tels que la propriété intellectuelle et les produits de traitement, le secteur est à l’écoute des demandes sociétales et environnementales. »

L’EMSA poursuit sa stratégie d’élargissement en s’ouvrant aux professionnels de la semence de ferme de tous les pays de l’Union européenne. Ainsi, la prochaine assemblée générale aura lieu au Danemark, une occasion pour accueillir les professionnels de la semence de ferme des pays de l’Europe du Nord, de la Scandinavie et de la mer Baltique. Le rendez-vous est pris à Aalborg pour la deuxième quinzaine de mai 2017.